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TRISTESSE ET ÉMOTION AU RENDEZ-VOUS
Pour notre excursion le 22 octobre 2008 à Natzweiler – Struthof toutes les classes de 11e du Lycée Technique Mathias Adam ont dû se rendre à l’école à 6 heures du matin pour prendre le bus. La plupart des élèves étaient fatigués ce qui ne les a pas empêchés de suivre un documentaire et un film qui parlaient d’Anne Frank (Anne Frank était une adolescente qui avait écrit un journal intime sur ce qu’elle a vécu pendant la Deuxième guerre mondiale). Malheureusement, nous n’avons pas pu suivre le film jusqu’au bout à cause de problèmes techniques survenus lors de la diffusion. Arrivés à Natzweiler, les accompagnateurs nous ont expliqué le chemin que devaient autrefois emprunter les déportés. Tout d’abord, nous nous sommes rendus au Centre Européen où nous avons été divisés par classes. Après avoir traversé l’entrée du camp, l’émotion s’est déjà fait ressentir chez bon nombre d’entre nous. Le temps correspondait bien avec l’excursion, car il pleuvait des cordes ; il faisait froid et il y avait beaucoup de brouillard. Beaucoup d’élèves portaient des gants, des écharpes, des bonnets et de gros manteaux. Il ne faut surtout pas oublier que les détenus, eux, n’étaient pas habillés chaudement, c’est-à-dire qu’ils n’étaient vêtus que de chaussons et d’un uniforme qui ressemblait à un pyjama à rayures. Lorsque nous sommes passés par le Mémorial et le lieu où se situaient les baraques, le professeur qui guidait nous a raconté le début de cette triste catastrophe. Le camp Natzweiler – Struthof qui a été construit en 1941 était destiné à accueillir 2000 à 3000 détenus. En fin de compte, il en comptait plus de 7000. Il a également ajouté que les détenus entendaient pendant la nuit des bruits étranges qui ressemblaient à des portes qui claquaient… En réalité, il s’agissait de Nazis qui tiraient sur les résistants. Le calvaire des détenus Ensuite, on s’est rendu dans une baraque où se trouvait le chevalet de bastonnade : il s’agit d’une espèce de table où les détenus devaient s’allonger et ils se faisaient battre à coups de matraques par les Nazis. Ensuite nous nous sommes rendus au « Bunker », une des quatre baraques qui n’a pas été détruite après la Deuxième guerre mondiale. Ce bâtiment comprend 20 cellules et 8 réduits-cachots où les prisonniers subissaient des punitions. Plus tard, nous nous sommes dirigés vers le Crématoire. Nous y avons vu le four qui servait à brûler les cadavres. Ce fut un des moments les plus impressionnants de la journée. De voir le four et plusieurs sabots d’anciens déportés fut très choquant aux yeux de certains élèves et professeurs. Surtout lorsque l’on a appris que les Nazis se servaient de la fumée échappée du four pour réchauffer leurs baraques. Nous y avons aussi aperçu quatre crochets qui se trouvaient derrière le four qui servaient aux pendaisons rapides. Il y avait aussi la salle d’exécution où les déportés étaient tués d’une balle dans la nuque, la chambre des urnes, la chambre des cobayes et la salle d’autopsie. Puis, nous nous sommes rendus dans une baraque qui sert aujourd’hui de musée. Après avoir fait le tour du musée où nous avons vu des objets qui appartenaient aux détenus : les uniformes, les lits et les pancartes avec les médecins les plus connus tels que HIRT, BICHENBACH, HAAGEN et aussi les noms de certains SS. Une rencontre imprévue Nous avons rencontré Alex Deutsch par hasard. Ce monsieur âgé de 95 ans était un ancien déporté d’Auschwitz. Il nous a raconté son triste passé. Une élève a voulu savoir si Monsieur Deutsch avait un tatouage qui servait de numéro d’identification aux anciens déportés. C’est alors qu’il nous l’a montré et à la vue de ce sinistre tatouage, tout le monde a eu la chair de poule. Son histoire tragique se résume à avoir perdu sa première femme et son enfant âgé de deux ans et demi au camp d’Auschwitz. Après y avoir passé plus ou moins trois ans, ce sont les Américains qui l’ont délivré ainsi que tous les détenus du camp. Après sa libération, il a vécu 32 ans en Amérique où le racisme était toujours présent. Il y a ouvert un petit commerce. Lorsqu’il est revenu vivre en Allemagne, les États-Unis lui ont offert une importante somme d’argent qu’il a préféré léguer à une école qui porte aujourd’hui son nom (Die Alex Deutsch Schule). Pendant que Monsieur Deutsch nous racontait son ancienne vie, on pouvait apercevoir que la tristesse envahissait le visage de chaque élève ainsi que celui des professeurs. Il y eut même un professeur, rempli d’émotions, qui pendant le témoignage est sorti du musée, car ce fut trop difficile pour lui d’entendre la suite de l’histoire. En sortant du musée, il y avait aussi certains élèves qui pleuraient. Monsieur Deutsch nous a également dit une phrase qui nous a tous beaucoup touchés : « J’ai pardonné, mais je n’oublierai jamais ». En entendant cette phrase, on a soudain réalisé l’enfer que tous les déportés ont dû subir dans les camps de concentration. Une gerbe de fleurs en l’honneur des détenus En allant vers le bus, quelques étudiants se sont séparés. Les uns ont pris le bus pour se rendre au restaurant à 1 km du camp et les autres sont allés chercher leur pique-nique dans leurs bus respectifs. Vers midi et demie, les élèves qui avaient apporté leurs encas sont allés manger, et ensuite ils sont allés au “Kartoffelkeller” où on pouvait voir des pancartes et des photos. Le professeur nous a dit que personne ne savait à quoi servait cette pièce souterraine. Pendant ce temps, les élèves partis au restaurant visitaient la chambre à gaz qui se situe à côté du restaurant. En attendant le bus, nous avons revu, Monsieur Alex Deutsch, cette fois-ci accompagné de sa femme et nous lui avons encore posé quelques questions. Après leur visite, nous nous sommes rendus à notre tour dans la chambre à gaz et eux se sont rendus au « Kartoffelkeller ». Pour terminer la journée, on a déposé une gerbe de fleurs auprès d’une plaque commémorative, ce que le directeur de notre lycée, M. Müller, souhaite que les élèves fassent chaque année. Mais avant, nous avons observé une minute de silence pour rendre hommage à toutes les personnes qui y ont laissé leur vie, trois de nos camarades et un professeur ont récité un texte dédié à cette journée. C’est ainsi que notre excursion a pris fin. Lors de cette journée, les élèves ont pris conscience de la terreur et de la gravité du vécu des détenus des camps de concentration, même si on est encore loin de s’imaginer cette triste et épouvantable réalité. Fait par : Nguyen Kelly et Carvalho Annelore
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